
Ce type d'aliment bon marché sera bientôt bien plus cher en raison des tarifs américains
Le Journal de Montréal
Le coût des aliments est évidemment touché par la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada, mais ce ne sont pas que les produits qui subissent les impacts des tarifs douaniers.
En effet, l’emballage de plusieurs aliments disponibles à l’épicerie n’est pas imperméable à ce conflit économique, en particulier les conserves
L’acier et l’aluminium étant soumis à des tarifs de 25% depuis le 12 mars, les producteurs de conserves et les transformateurs sont de plus en plus inquiets de l’impact de cette guerre commerciale sur leurs opérations.
«Actuellement, il y a beaucoup de canneries, au Québec et au Canada, qui paniquent un peu parce que ça pourrait remettre en question la pérennité, en fait, ou la survie de ces entreprises-là», a indiqué le spécialiste de l’industrie agroalimentaire à l’Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, en entrevue sur les ondes de LCN.
Ce dernier estime que les consommateurs sont sur le point de voir la facture leur être refilée sous la forme d’une hausse considérable des prix des aliments en conserve.
Or, ces produits souvent bon marché sont très populaires chez les ménages à faible revenu, pour qui une augmentation des prix risque particulièrement de faire mal.
«Lorsqu'on voit une canne à l'épicerie, les marges sont extrêmement, extrêmement minces en transformation et au détail. Souvent, on va utiliser ces produits-là comme produits de rappel, des "loss leaders". Alors, on parle de marges très minces. Donc, un tarif de 25 % sur l'acier et l'aluminium représente, en fait, un scénario désastreux pour certains transformateurs», mentionne Sylvain Charlebois.
Ce sont de nombreuses PME qui n’ont pas nécessairement les reins très solides, qui feront les frais de ces tarifs, soutient le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.
«La grande majorité, ce sont des PME qui ne peuvent pas bénéficier d'un réseau qui leur donne accès à des capitaux importants pour, disons, traverser une tempête tarifaire ou une tempête géopolitique», explique-t-il.